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La Belle de l'undeground

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les avis de Cinemasie

2 critiques: 2.88/5

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4 critiques: 3.5/5



Xavier Chanoine 3 La Belle des débuts
Ordell Robbie 2.75 Pas encore suzukien mais pas inintéréssant
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La Belle des débuts

Sans doute la plus grande réussite de Suzuki au cours des années 50, La Belle de l'Underground puise se force dans les quelques délires visuels d'un Suzuki en grande forme, sans être pour autant en pleine possession de son style si caractéristique à venir au cours des sixties. Mais les idées sont déjà là, pas à la pelle, mais bien là. L'introduction, sombre et glauque dévoile un pistolet et quelques diamants enfouis dans un mur. Première étape d'un Suzuki sombre et visuellement guère à court d'idée, puisque l'idée d'une telle introduction pourrait renvoyer aux bandes dessinées noires d'époques, et son rendu sur pellicule ne peut qu'engendrer un nouveau style, une nouvelle étape dans le pan cinématographique nippon. Mission plus ou moins accomplie, car si La Belle de l'Underground distille d'agréables moments de cinéma, il n'en demeure pas moins bancal dans son registre purement narratif. Même si certains éléments indissociables du cinéma de Suzuki comme sa mise en scène et son montage décalés, son fétichisme pour tout un panel d'objets (ici les diamants, le miroir, les armes à feux) sont bien imprégnés par la culture pop quasi avant-gardiste et les références du polar noir US, les légères errances scénaristiques en font un Suzuki pas si majeur que ça dans toute sa période filmographique. Le personnage de la "Belle" est plutôt charismatique (à l'image des grandes héroïnes du cinéaste) bien que ses pleurs souvent forcés gonflent par leur lourdeur et ne font qu'accentuer l'idée d'un jeu dans le pur registre du pathétique.

Certaines idées sont en revanche bien travaillées, comme ce mannequin en terre qui sert de planque à diamant (dans un sein), et cette recherche aux diamants plutôt haletante bousculant les codes du cinéma même de Suzuki. Cette rage et cette volonté de décrédibiliser l'univers des yakuza prennent tout leur sens dans les nombreuses séquences de "gunfight", amusantes et à l'identité bien imprégnées du film noir. En revanche, l'une des séquences de fin dans la réserve de charbon manque de précision du fait d'un montage vraiment approximatif ou alors guère adapté. Inégal, voilà ce qui ressort donc de l'oeuvre de Suzuki, mais disposant de suffisamment d'ingrédients et de citations farfelues (dont une en référence à Sofia Loren) pour annoncer un certain renouveau du cinéma de série B, aussi bien au niveau des personnages (la Belle passant du rire aux larmes) que des thèmes abordés (les cabarets, l'alcool, le polar débridé). Intéressant.



19 juillet 2007
par Xavier Chanoine




Pas encore suzukien mais pas inintéréssant

Dans le genre « film d'un futur grand n'ayant pas encore trouvé sa personnalité », cet Underworld Beauty est une assez bonne surprise. S’il souffre du travers de l’imitation servile de ses modèles occidentaux, il est en effet déjà un à la manière de bien fait et maitrisé. Un peu comme si avant de transgresser les règles Suzuki avait eu besoin de les respecter. Underworld Beauty évoque en effet par sa photographie parfois expressionniste, par son pitch sur un « trésor » enjeu d’une lutte entre gangsters une certaine tradition du film noir américain. Quant à la beauté du titre, si elle n’a pas vraiment l’allure d’une femme fatale, elle a en tout cas le pouvoir d'entrainer les hommes à leur perte. Qui plus est, le seul ancrage local d'un récit qui sinon pourrait tout aussi bien se passer à Los Angeles est l’ambiance fetarde des scènes de club déjà imprégnées de l’énergie pop que Suzuki retranscrira à merveille dans la suite de sa carrière. Ce qui frappe en tout cas dans Underworld Beauty, ce sont les capacités de Suzuki dans un registre plus « conventionnel ». Si les coupes du film sont bien plus classiques que les découpages imprévus qui seront une marque fabrique suzukienne par la suite, le montage est de bonne facture. Suzuki démontre également son sens du cadre en format scope, sa capacité à bien exécuter une mise en scène classique et à utiliser de façon judicieuse bien que souvent plus conventionnelle que par la suite le grand angle. Le scénario sait quant à lui ménager quelques surprises meme si on aurait aimé qu’il ait un peu plus de progression dramatique et une structure plus resserrée. Hommage réussi alors ? Non, parce que les vrais hommages sont ceux où un cinéaste réussit aussi à se réapproprier les modèles hommagés. Reste que ce film constitue un beau témoignage de la difficulté des grands du cinéma à trouver leur personnalité, à savoir ne pas etre écrasé par le poids de leurs influences. Chose qui sera faite durant les sixties où le cinéaste saura casser les règles bien apprises pour faire souffler un vent de nouveauté sur le cinéma de genre nippon.



16 novembre 2004
par Ordell Robbie


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